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Visa, résidence, mobilité : les Émirats deviennent-ils la nouvelle base arrière des élites africaines ?

23 avril 2026 à 19:52
Visa, résidence, mobilité - les Émirats, refuge des élites africaines

En décembre 2025, l’administration américaine a étendu ses restrictions d’entrée à plusieurs pays, dont une série d’États africains, avec des suspensions de visas ou des limitations drastiques pour certaines catégories de voyageurs. Des pays comme le Nigeria, le Tchad ou encore la Tanzanie ont été directement concernés, notamment en raison de taux de dépassement de visa jugés élevés ou de difficultés de coopération administrative. Dans le même temps, plusieurs États africains ont répondu par des mesures de réciprocité, illustrant une crispation croissante autour de la mobilité internationale.

Ce durcissement s’inscrit dans une tendance plus large. En Europe, les taux de refus de visas Schengen pour les ressortissants africains atteignent désormais des niveaux structurellement élevés : environ 27 à 30 % en moyenne, avec des pics dépassant 40 % pour des pays comme le Nigeria, le Ghana ou le Sénégal . Sur de longues périodes, certains pays enregistrent des taux de refus supérieurs à 40 %, traduisant une asymétrie persistante dans l’accès à la mobilité internationale.

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Dans ce contexte, la montée en puissance des Émirats arabes unis comme destination alternative ne relève plus d’un simple phénomène d’attractivité. Elle répond à une contrainte structurelle : la difficulté croissante pour une partie des élites économiques africaines de circuler, d’opérer et de structurer leurs activités dans les circuits traditionnels.

La mobilité comme condition opérationnelle

La question des visas est devenue un paramètre économique à part entière. Pour des entrepreneurs opérant entre plusieurs juridictions, l’incertitude liée à l’obtention de titres de séjour ou de visas peut ralentir des opérations commerciales, compliquer des levées de fonds ou limiter l’accès à certains marchés.

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À cette contrainte s’ajoute une évolution du cadre financier international. Le renforcement des exigences de conformité (notamment en matière de lutte contre le blanchiment et de connaissance client) a conduit plusieurs institutions financières à réduire leur exposition à certains profils ou marchés jugés plus complexes. Selon des analyses publiées par la Banque mondiale, ce phénomène a contribué à une réduction des relations de correspondance bancaire avec plusieurs pays africains au cours de la dernière décennie.

Dans ce contexte, la capacité à accéder à un environnement bancaire stable et à circuler facilement devient un facteur déterminant de compétitivité.

Les Émirats comme plateforme de structuration

C’est dans cet environnement que des villes comme Dubai et Abu Dhabi se positionnent. Leur attractivité repose sur une combinaison de facteurs : dispositifs de résidence de long terme, fiscalité compétitive et intégration aux flux économiques internationaux.

Les programmes de résidence introduits ces dernières années permettent à certains profils d’obtenir des permis de séjour de plusieurs années, sous conditions d’investissement ou d’activité. En parallèle, des centres financiers comme le Dubai International Financial Centre (DIFC) et l’Abu Dhabi Global Market (ADGM) offrent un cadre juridique inspiré de la common law, facilitant la structuration de holdings et l’accès à des services financiers internationaux.

À cela s’ajoute une connectivité élevée. Selon les données de l’aviation civile, plusieurs centaines de vols hebdomadaires relient les Émirats au continent africain, faisant de ces hubs des points de passage majeurs entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe.

Des organisations hybrides et transnationales

Dans les faits, ces conditions favorisent l’émergence de modèles organisationnels hybrides. Certaines entreprises africaines choisissent de localiser leurs structures juridiques ou financières aux Émirats, tout en maintenant leurs activités opérationnelles sur le continent.

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Ce type de configuration est particulièrement visible dans les secteurs de la technologie, du commerce ou des services. Une entreprise peut ainsi être enregistrée à Dubai, accéder à des financements internationaux, et déployer ses activités dans plusieurs pays africains. Cette organisation permet de dissocier les fonctions de gestion, de financement et d’exécution.

Ce phénomène n’est pas propre aux Émirats. Des hubs comme London ou Singapore ont historiquement joué un rôle similaire. Toutefois, leur accessibilité relative s’est réduite pour certains profils, renforçant l’attractivité d’alternatives plus flexibles.

Des effets contrastés pour les économies africaines

Cette reconfiguration des mobilités et des structures économiques produit des effets ambivalents. D’un côté, elle facilite l’insertion des entreprises africaines dans les chaînes de valeur internationales. L’accès à des infrastructures financières, logistiques et juridiques adaptées peut accélérer leur développement.

De l’autre, elle pose la question de la localisation de la valeur. Lorsque les fonctions de décision, de financement ou de structuration sont externalisées, une partie des retombées économiques peut échapper aux économies locales. La Banque africaine de développement souligne régulièrement l’importance de renforcer les écosystèmes financiers domestiques pour limiter ces effets.

Les réponses des États africains restent hétérogènes. Certains cherchent à attirer ces activités en améliorant leur environnement des affaires, tandis que d’autres privilégient des approches plus prudentes face à ces dynamiques.

Une recomposition progressive des trajectoires économiques

Les Émirats sont vues comme l’escale idéale de la mobilité économique africaine avec son environnement opérationnel et économique stable, connecté et relativement accessible.

Cette dynamique évolue cependant en fonction de plusieurs facteurs : politiques migratoires dans les pays occidentaux, évolution des cadres réglementaires africains, ou encore transformation des chaînes de valeur globales.

À ce stade, elle traduit surtout une adaptation des acteurs économiques à un environnement international plus contraint. Plutôt qu’un déplacement définitif, il s’agit souvent d’une diversification des points d’ancrage, dans laquelle les Émirats occupent une place croissante.

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    En Côte d’Ivoire, le groupe français CMA-CGM a officiellement lancé, ce jeudi 23 avril, les activités de son bureau régional à Abidjan, confirmant ainsi son ambition de faire de la Côte d’Ivoire un hub incontournable pour ses opérations sur le continent. Le géant français du transport maritime et de la logistique CMA-CGM fran
     

Côte d’Ivoire : CMA CGM affiche de grandes ambitions depuis Abidjan

23 avril 2026 à 17:50
Jacques Rodolphe Saadé patron de CMA CGM

En Côte d’Ivoire, le groupe français CMA-CGM a officiellement lancé, ce jeudi 23 avril, les activités de son bureau régional à Abidjan, confirmant ainsi son ambition de faire de la Côte d’Ivoire un hub incontournable pour ses opérations sur le continent.

Le géant français du transport maritime et de la logistique CMA-CGM franchit une étape stratégique majeure en Afrique.

Pour Rodolphe Saadé, ce choix ne doit rien au hasard. « Abidjan s’est imposée naturellement », a-t-il déclaré, mettant en avant le dynamisme économique du pays, sa croissance soutenue et la qualité de ses ressources humaines. À travers cette implantation, le groupe entend piloter depuis Abidjan l’ensemble de ses activités couvrant l’Afrique de l’Ouest, de l’Est et australe — une première historique pour CMA CGM sur le continent.

Côte d’Ivoire CMA CGM affiche de grandes ambitions depuis Abidjan
Jacques Rodolphe Saadé coupe le ruban à l’inauguration du bureau régional de la CMA CGM à Abidjan (Côte d’Ivoire.)

Un signal fort pour l’attractivité ivoirienne

L’installation de ce bureau régional constitue un signal fort de la confiance des investisseurs internationaux envers la Côte d’Ivoire. Reçu par le Président Alassane Ouattara, le PDG du groupe a salué le soutien des autorités ivoiriennes, déterminant pour accompagner son expansion.

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Dans un contexte de transformation accélérée des échanges mondiaux, la position stratégique d’Abidjan, combinée à la modernisation progressive de ses infrastructures, en fait un point d’ancrage idéal pour les grandes compagnies maritimes.

Des investissements et une vision à long terme

Au-delà de cette présence institutionnelle, CMA CGM affiche clairement ses intentions : accompagner la montée en puissance du Port d’Abidjan, principal poumon économique du pays. Le groupe envisage notamment de participer, à terme, à l’exploitation du terminal à conteneurs, tout en plaidant pour une modernisation continue des équipements afin de répondre à l’augmentation des flux maritimes.

À court terme, l’entreprise propose déjà des solutions concrètes pour fluidifier les opérations portuaires, notamment en contribuant à la décongestion des terminaux à travers des espaces logistiques sous douane.

Le pari du capital humain ivoirien

Mais au-delà des infrastructures, c’est surtout sur l’humain que le groupe entend bâtir sa stratégie. Rodolphe Saadé a insisté sur la nécessité de promouvoir un management local fort, en rupture avec les modèles traditionnels basés sur l’expatriation.

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« Il n’y a aucune raison de dépendre systématiquement d’expatriés », a-t-il affirmé, plaidant pour un investissement massif dans la formation et l’émergence de talents africains. Une vision qui s’appuie notamment sur l’académie interne du groupe, Tangram, basée à Marseille.

L’objectif est clair : voir, à moyen terme, des cadres ivoiriens prendre la tête des opérations régionales du groupe.

Abidjan, futur hub logistique africain

Avec cette nouvelle implantation, CMA CGM confirme son engagement durable en Afrique et positionne Abidjan comme un centre névralgique de ses activités. Pour la Côte d’Ivoire, cette initiative vient renforcer son statut de hub logistique régional et consolider son attractivité économique.

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Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement deviennent de plus en plus stratégiques, le partenariat entre la Côte d’Ivoire et un acteur mondial de cette envergure ouvre de nouvelles perspectives de croissance, d’emplois et d’innovation.

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