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Visa, résidence, mobilité : les Émirats deviennent-ils la nouvelle base arrière des élites africaines ?

Visa, résidence, mobilité - les Émirats, refuge des élites africaines

En décembre 2025, l’administration américaine a étendu ses restrictions d’entrée à plusieurs pays, dont une série d’États africains, avec des suspensions de visas ou des limitations drastiques pour certaines catégories de voyageurs. Des pays comme le Nigeria, le Tchad ou encore la Tanzanie ont été directement concernés, notamment en raison de taux de dépassement de visa jugés élevés ou de difficultés de coopération administrative. Dans le même temps, plusieurs États africains ont répondu par des mesures de réciprocité, illustrant une crispation croissante autour de la mobilité internationale.

Ce durcissement s’inscrit dans une tendance plus large. En Europe, les taux de refus de visas Schengen pour les ressortissants africains atteignent désormais des niveaux structurellement élevés : environ 27 à 30 % en moyenne, avec des pics dépassant 40 % pour des pays comme le Nigeria, le Ghana ou le Sénégal . Sur de longues périodes, certains pays enregistrent des taux de refus supérieurs à 40 %, traduisant une asymétrie persistante dans l’accès à la mobilité internationale.

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Dans ce contexte, la montée en puissance des Émirats arabes unis comme destination alternative ne relève plus d’un simple phénomène d’attractivité. Elle répond à une contrainte structurelle : la difficulté croissante pour une partie des élites économiques africaines de circuler, d’opérer et de structurer leurs activités dans les circuits traditionnels.

La mobilité comme condition opérationnelle

La question des visas est devenue un paramètre économique à part entière. Pour des entrepreneurs opérant entre plusieurs juridictions, l’incertitude liée à l’obtention de titres de séjour ou de visas peut ralentir des opérations commerciales, compliquer des levées de fonds ou limiter l’accès à certains marchés.

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À cette contrainte s’ajoute une évolution du cadre financier international. Le renforcement des exigences de conformité (notamment en matière de lutte contre le blanchiment et de connaissance client) a conduit plusieurs institutions financières à réduire leur exposition à certains profils ou marchés jugés plus complexes. Selon des analyses publiées par la Banque mondiale, ce phénomène a contribué à une réduction des relations de correspondance bancaire avec plusieurs pays africains au cours de la dernière décennie.

Dans ce contexte, la capacité à accéder à un environnement bancaire stable et à circuler facilement devient un facteur déterminant de compétitivité.

Les Émirats comme plateforme de structuration

C’est dans cet environnement que des villes comme Dubai et Abu Dhabi se positionnent. Leur attractivité repose sur une combinaison de facteurs : dispositifs de résidence de long terme, fiscalité compétitive et intégration aux flux économiques internationaux.

Les programmes de résidence introduits ces dernières années permettent à certains profils d’obtenir des permis de séjour de plusieurs années, sous conditions d’investissement ou d’activité. En parallèle, des centres financiers comme le Dubai International Financial Centre (DIFC) et l’Abu Dhabi Global Market (ADGM) offrent un cadre juridique inspiré de la common law, facilitant la structuration de holdings et l’accès à des services financiers internationaux.

À cela s’ajoute une connectivité élevée. Selon les données de l’aviation civile, plusieurs centaines de vols hebdomadaires relient les Émirats au continent africain, faisant de ces hubs des points de passage majeurs entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe.

Des organisations hybrides et transnationales

Dans les faits, ces conditions favorisent l’émergence de modèles organisationnels hybrides. Certaines entreprises africaines choisissent de localiser leurs structures juridiques ou financières aux Émirats, tout en maintenant leurs activités opérationnelles sur le continent.

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Ce type de configuration est particulièrement visible dans les secteurs de la technologie, du commerce ou des services. Une entreprise peut ainsi être enregistrée à Dubai, accéder à des financements internationaux, et déployer ses activités dans plusieurs pays africains. Cette organisation permet de dissocier les fonctions de gestion, de financement et d’exécution.

Ce phénomène n’est pas propre aux Émirats. Des hubs comme London ou Singapore ont historiquement joué un rôle similaire. Toutefois, leur accessibilité relative s’est réduite pour certains profils, renforçant l’attractivité d’alternatives plus flexibles.

Des effets contrastés pour les économies africaines

Cette reconfiguration des mobilités et des structures économiques produit des effets ambivalents. D’un côté, elle facilite l’insertion des entreprises africaines dans les chaînes de valeur internationales. L’accès à des infrastructures financières, logistiques et juridiques adaptées peut accélérer leur développement.

De l’autre, elle pose la question de la localisation de la valeur. Lorsque les fonctions de décision, de financement ou de structuration sont externalisées, une partie des retombées économiques peut échapper aux économies locales. La Banque africaine de développement souligne régulièrement l’importance de renforcer les écosystèmes financiers domestiques pour limiter ces effets.

Les réponses des États africains restent hétérogènes. Certains cherchent à attirer ces activités en améliorant leur environnement des affaires, tandis que d’autres privilégient des approches plus prudentes face à ces dynamiques.

Une recomposition progressive des trajectoires économiques

Les Émirats sont vues comme l’escale idéale de la mobilité économique africaine avec son environnement opérationnel et économique stable, connecté et relativement accessible.

Cette dynamique évolue cependant en fonction de plusieurs facteurs : politiques migratoires dans les pays occidentaux, évolution des cadres réglementaires africains, ou encore transformation des chaînes de valeur globales.

À ce stade, elle traduit surtout une adaptation des acteurs économiques à un environnement international plus contraint. Plutôt qu’un déplacement définitif, il s’agit souvent d’une diversification des points d’ancrage, dans laquelle les Émirats occupent une place croissante.

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ADCI : Assalé Tiémoko libre après 15h d’interrogatoire

ADCI - Assalé Tiémoko libre après 15h d'interrogatoire

Hier jeudi, 22 avril, le maire de Tiassalé, M. Assalé Tiémoko Antoine a, durant 15h de temps, répondu à une convocation du Procureur de la République à la Préfecture d’Abidjan. Le journaliste, est ressorti libre de cette convocation sans précisions sur la suite..

Assalé Tiémoko, leader d’ADCI, libre après 15h interrogatoire

Alors qu’il revient d’un voyage à Paris, Assalé Tiémoko Antoine est convoqué par la Préfecture de police d’Abidjan jeudi sur instruction du Procureur de la République. Arrivé sur place vers 10h, c’est après 15h de temps qu’il regagnera son domicile. Pendant ce temos, l’objet de sa convocation a filtré et il serait accusé de « trouble à l’ordre public », « d’incitation à la révolte », de « discrédit sur les institutions de la République » et enfin de « diffusion de fausses nouvelles ».

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Soutenu par son parti l’ADCI et des journalistes ivoiriens qui redoutaient son arrestation, Assalé Tiémoko a finalement regagné son domicile. Reste à savoir s’il sera de nouveau convoqué par la Préfecture ou si les réponses données par lui ont levé tous les doutes des autorités sur son voyage en France.

Les propos tenus en France mis en cause ?

Ces dernières semaines, le maire Assalé Tiémoko Antoine a fait un déplacement en France pour y rencontrer les militants d’Aujourd’huin et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), parti politique qu’il a fondé. Lors de ce séjour parisien, l’ancien député a fait des prises de paroles publiques sur des chaînes de télévision africaines de la place de Paris. Il a évoqué des menaces proférées contre lui par « un ministre » ivoirien à la suite de sa rencontre avec le Président Laurent Gbagbo, opposant principal à Alassane Ouattara, peu avant l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Selon ses dires, ce dernier lui aurait lancé « On va te faire payer cette rencontre ». Lors des dernières élections législatives, le député sortant de Tiassalé a été battu, selon lui sur la base de méthodes peu recommandables. Etait-ce déjà le premiers effet de la promesse du Ministre dont il n’a jamais cité le nom ?

Une pression judiciaire renforcée sur les leaders d’opinion en Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, plusieurs personnalités politiques accusées des mêmes faits croupissent derrière les barreaux depuis plusieurs mois. Le Ministre Lida Kouassi, Koné Boubacar, Blaise Lasm, Damana Pickass ou encore Justin Koua du PPA-CI sont tous en prison sur la base d’accusations de tentatives de « trouble à l’ordre public » ou de renverser le pouvoir en place.

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Cette convocation d’Assalé Tiémoko polarise l’opinion publique ivoirienne. Ces convocations et accusations font planer sur le pays un sentiment de chantage à la prison. Ces différentes actions en justice laissent planer le sentiment d’une volonté de limiter la liberté d’expression en Côte d’Ivoire, où de simples marcheurs sont condamnés à des peines de prison ferme.

Quand l’opposition aujourd’hui au pouvoir abusait de la liberté d’expression

Et pourtant, avant de prendre le pouvoir, le RDR, ancien parti politique du Président Alassane Ouattara, multipliait aussi bien les marches de défiance de l’autorité de l’Etat que des discours tout aussi irrévérencieux de ses dirigeants, le Président Alassane Ouattara y compris. L’ancien opposant n’avait pas hésité à affirmer qu’il frapperait « le pouvoir » d’Henri Konan Bédié tout comme il promettait de ne pas attendre 2005 pour aller aux élections sous Laurent Gbagbo.

Dans l’un comme dans l’autre, un coup d’Etat avait éclipsé Bédié du pouvoir et Laurent Gbagbo avait été confronté à une tentative de coup d’Etat muée en rébellion armée dès 2002.

Pour beaucoup moins que ça, de nombreux jeunes ivoiriens et cadres de partis politiques sont emprisonnés. Une arrestation d’Assalé Tiémoko aurait sérieusement renforcé les inquiétudes sur la liberté d’expression en Côte d’Ivoire.

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Affaire Ben Badi : Abdoulaye Traoré frappé de 36 mois de prison, 15 millions FCFA

Affaire Ben Badi Abdoulaye Traoré frappé de 36 mois de prison 15 millions FCFA

Dans l’affaire Ben Badi, Abdoulaye Traoré (son vrai nom), le tribunal a frappé fort avec une condamnation exemplaire après plusieurs années de procédure. Un signal fort qui écarte toute idée d’impunité quel que soit le statut de l’auteur de crimes.

Affaire Ben Badi : Abdoulaye Traoré condamné pour viol

Depuis 2021, l’affaire Ben Badi pendait devant la justice ivoirienne. Abdoulaye Traoré était accusé de viol par une jeune femme. Malgré la lenteur de la procédure qui aura duré près de 5 ans, une décision claire, forte et sans concession, a enfin été prise par le tribunal. Ben Badi est condamné à 36 mois de prison. Il devra aussi verser 15 millions de FCFA à la victime en dommages et intérêts.

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Même s’il lui accorde des circonstances atténuantes, en plus des 36 mois d’emprisonnement, le tribunal va plus loin en sanctionnant Ben Badi à 10 ans de privation de droits. Il ne sera donc ni électeur ni candidat à aucune élection avec tous les inconvénients que cela emporte. Abdoulaye Traoré est aussi interdit de pénétrer dans la ville de Bouaké pendant 5 ans.

En Côte d’Ivoire, plus généralement en Afrique, des personnalités d’un certain statut se croient intouchables. Dans le cas de l’affaire Ben Babi, la justice ivoirienne a sifflé la fin de la récréation avec cette condamnation exemplaire. Avec une décision aussi forte, le viol est bien confirmé comme un crime sévèrement puni dans le droit ivoirien, même si des circonstances atténuantes dont a bénéficié Abdoulaye Traoré modèrent la sanction qui lui a été infligée.

Ce que prévoit la justice ivoirienne pour les cas de viols

Pour un cas de viol, la justice ivoirienne prévoit des sanctions importantes allant de 5 à 20 ans d’emprisonnement. La peine peut d’ailleurs être plus importante selon les circonstances, notamment pour les victimes mineures ou des viols en réunion. Si l’auteur du crime est une autorité légale de la victime (parent, enseignant ou supérieur), la sanction est encore plus forte.

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Qui est Abdoulaye Traoré dit Ben Badi

Abdoulaye Traoré dit Ben Badi a été une des gloires du football ivoirien des années 80, précisément de 1983 à 1997. L’ancien joueur du Stalla Club d’Adjamé puis de l’Asec Mimosas, le FC Metz ou encore d’Al-Orobah FC, où il a terminé sa carrière, était poursuivi en justice depuis 2021 pour viol. La justice ivoirienne vient de se prononcer sur cette affaire Ben Badi avec une décision forte.

Combien de cas de viols enregistrés par an en Côte d’Ivoire ?

En Côte d’Ivoire, plusieurs milliers de cas de viol sont enregistrés par an, mais peu de victimes osent porter plainte. L’année 2020-2021, 1563 cas de viols avaient été enregistrés. En 2021, une baisse a été amorcée. Selon l’UNFPA, seul 954 cas de viols sur 1391 agressions ont été officiellement été enregistrés. Cette baisse est confirmée en en 2024 avec 920 cas de viols enregistrés, selon l’AFP.

Avec des sanctions de plus en plus lourdes, les actes de viols ne devraient que baisser dans le pays où la sensibilisation est de plus en plus forte.

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