CEMAC bets on interoperability, but at what cost for startups?
16 septembre 2025
Welcome to The Next Wave: Francophone Africa, your weekly look at the tech ecosystem in French-speaking Africa. This newsletter is in French by default, but you can click the button below to read an English version.
Bonjour
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La semaine dernière, jâai évoqué comment lâinteropérabilité au sein de lâUnion économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), portée par la Banque centrale des Ãtats de lâAfrique de lâOuest (BCEAO), marque un tournant historique pour la finance numérique ouest-africaine. Après des années dâinnovation fragmentée, notamment portée par Wave, le lancement de la Plateforme interopérable pour le système de paiement instantané (PI-SPI) promet un marché plus inclusif et compétitif, qui redistribue les cartes en érodant les avantages initiaux des pionniers. Ce cadre illustre comment une réglementation proactive peut transformer un secteur dominé par quelques acteurs en un écosystème plus équilibré, au bénéfice des consommateurs.
Mais lâAfrique de lâOuest nâest pas la seule à emprunter cette voie. En Afrique centrale, la BEAC (Union économique et monétaire de lâAfrique centrale) a été encore plus précoce dans son approche. En 2018, elle a posé les bases de lâinteropérabilité régionale via le système GIMACPAY, désormais (relativement) opérationnel et adopté (quoique partiellement) par des dizaines dâacteurs. Contrairement à lâUEMOA, où lâadaptation a mis à mal les dirigeants établis, la Communauté économique et monétaire de lâAfrique centrale (CEMAC) a opté dâemblée pour une approche plus centralisée, offrant un environnement de jeu réglementé mais parfois moins agile.
En Afrique centrale, lâinteropérabilité est devenue un élément clé de la transformation numérique du secteur financier. Elle désigne la capacité des différents acteurs â banques, opérateurs de téléphonie mobile, fintechs â à communiquer entre eux pour permettre aux utilisateurs dâéchanger des valeurs, quel que soit leur fournisseur. Dans une région comme la CEMAC, caractérisée par une faible bancarisation et une forte dépendance aux espèces, cette réforme était attendue.
Discutons de lâapproche de la CEMAC dans la newsletter dâaujourdâhui.
Le cadre réglementaire de la BEAC : GIMACPAY comme pivot
En 2018, la Banque des Ãtats de lâAfrique centrale (BEAC) a publié lâInstruction 001/GR/2018, définissant les principes dâinteropérabilité (argent mobile, cartes bancaires, virements) via le système GIMAC. Deux ans plus tard, le gouverneur Abbas Mahamat Tolli a annoncé que lâinteropérabilité mobile au sein de la zone CEMAC était désormais opérationnelle. Le lancement de GIMACPAY, une infrastructure intégrée de monnaie électronique gérée par le Groupe du Fonds monétaire interbancaire de lâAfrique centrale (GIMAC), a marqué un tournant.
La mise en Åuvre de GIMACPAY permet désormais dâenvoyer de lâargent entre utilisateurs de différents comptes (portefeuilles ou comptes bancaires), dans toute la zone CEMAC, ainsi quâau sein de lâUEMOA. Contrairement à lâUEMOA, où Wave dominait, dans la CEMAC, ce cadre a été centralisé dès le départ via la BEAC, ce qui a structuré un environnement de jeu plus régulé dès le départ. Depuis 2020, plus de 70 acteurs â banques, opérateurs dâargent mobile et prestataires de services de paiement â âây ont été connectés.
Quâest-ce qui a été réalisé dâici 2025 ?
- Fintechs : Contraintes strictes en matière de licences, mais accès à un marché plus vaste.
- Banques et institutions de microfinance : Compétitivité accrue par rapport aux opérateurs télécoms.
- E-commerce et marketplaces : Méthodes de paiement interopérables, frictions réduites.
- Agritech et Healthtech : Paiements décentralisés, utiles en zones rurales. Insurtech et microassurance : Collecte simplifiée des primes.
- Transferts de fonds de la diaspora : Réception fluide et multi-portefeuilles.
Le point de vue dâun fondateur de startup sur sa collaboration avec GIMACPAY
Pour mieux comprendre la réalité à laquelle sont confrontées les startups, jâai discuté avec un entrepreneur de la région qui a accepté de partager son expérience de manière anonyme, étant donné que lâentreprise est toujours en pourparlers réglementaires.
Cette interview a été légèrement modifiée pour plus de clarté.
Comment votre startup sâest-elle adaptée à lâobligation dâinteropérabilité de la BEAC ?
Dâun point de vue réglementaire et technique, nous nâavons pas eu beaucoup dâadaptations, car nos API étaient déjà conçues pour lâinteropérabilité. Elles étaient utilisées par dâautres et vice versa. Jâavais anticipé que lâinteropérabilité arriverait tôt ou tard. Mais la réalité sâest avérée bien différente de ce que jâavais imaginé.
GIMACPAY a-t-il créé davantage dâopportunités ou davantage de défis ?
Les deux. Sur le papier, câest une opportunité, mais sa mise en Åuvre pose dâénormes défis.
Quels sont les principaux coûts et obstacles liés à lâintégration ?
Les frais réglementaires annuels sont élevés, notamment pour les acteurs locaux. Il y a aussi des coûts logistiques : lâenvoi dâingénieurs pour travailler sur lâintégration implique des frais de transport, dâhébergement, etc. Mais le véritable obstacle réside dans la capacité technique. Lâinfrastructure est encore immature et le niveau de compétences nâest pas toujours suffisant. Les serveurs sont parfois obsolètes au regard des exigences dâinteropérabilité, et certains tests sont encore effectués manuellement, ce qui est lent et fastidieux.
Considérez-vous lâinteropérabilité comme une menace ou un catalyseur dâinnovation ?
Pour les acteurs historiques, câest une menace, car ils préfèrent captiver leurs clients. Mais pour ceux qui souhaitent innover, câest une opportunité. Il nây a aucune raison que le paysage des paiements dans la CEMAC reste fragmenté. à terme, il y aura plusieurs acteurs, et seuls quelques-uns sortiront vainqueurs.
Comment voyez-vous lâécosystème fintech de la CEMAC dans cinq ans ?
Cinq ans, câest trop court. Les choses évoluent lentement. Les opérateurs télécoms resteront dominants grâce à leurs ressources et à leur clientèle. Des acteurs comme Wave vont également bouleverser le marché, et il sera intéressant dâobserver leur impact.
Conclusion : Un New Deal pour la finance numérique
La CEMAC a choisi dâemblée une voie centralisée et réglementée. Le système GIMACPAY, bien que limitant parfois lâagilité, crée un marché structuré, transparent et plus inclusif. Pour les startups, lâenjeu est désormais de se différencier non seulement par la fluidité des paiements, mais aussi par des services financiers à forte valeur ajoutée.
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