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Centrafrique : Firmin Ngrebada va retracer son parcours politique dans un livre.

Ngrebada

C’est dans un mémoire en trois (3) tomes, que l’ancien Premier ministre Centrafricain va régaler ses lecteurs. Il est revenu sur ce projet ambitieux, lors d’une prise de parole en direct le 20 avril 2026 sur les réseaux sociaux. 

Son objectif, explique l’intéressé, c’est de partager avec ses compatriotes, le récit de certains faits politiques dont il a été témoin ou acteur direct en Centrafrique. Le livre, entièrement écrit à la main, pourrait ainsi satisfaire la curiosité des Centrafricains qui s’intéressent à la politique du pays.

Firmin Ngrebada abordera exclusivement, les enseignements tirés des faits politiques qu’il a vécus. Des faits politiques qui pourraient servir d’exemple, explique-t-il, aux compatriotes qui seront appelés à participer à la gestion de ces types de questions en Centrafrique. 

L’ancien Premier ministre Centrafricain rassure aussi, que la rédaction de son mémoire est entourée de plusieurs précautions nécessaires. Il s’agit respectivement, de l’anonymat car certaines personnes ne seront pas citées dans ce travail à cause d’une obligation de réserve. L’importance pour moi, explique Firmin Ngrebada, c’est de restituer les faits politiques et d’expliquer exactement ce qui s’est passé en Centrafrique. 

 A propos de la date de sortie de ce mémoire, Firmin Ngrebada demande aux Centrafricains de s’armer de patienter. Pour le moment, il est en train de travailler progressivement sur le projet et il avisera le public lorsqu’il sortira de la maison d’Edition.   

Il savoir, que Firmin Ngrebada est l’un des acteurs politiques majeurs en Centrafrique. Il fait aussi partie des soutiens politiques du Président Faustin-Archange Touadéra. A ce titre, il a été le Premier ministre de ce dernier de février 2019 à juin 2021.

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Visa, résidence, mobilité : les Émirats deviennent-ils la nouvelle base arrière des élites africaines ?

Visa, résidence, mobilité - les Émirats, refuge des élites africaines

En décembre 2025, l’administration américaine a étendu ses restrictions d’entrée à plusieurs pays, dont une série d’États africains, avec des suspensions de visas ou des limitations drastiques pour certaines catégories de voyageurs. Des pays comme le Nigeria, le Tchad ou encore la Tanzanie ont été directement concernés, notamment en raison de taux de dépassement de visa jugés élevés ou de difficultés de coopération administrative. Dans le même temps, plusieurs États africains ont répondu par des mesures de réciprocité, illustrant une crispation croissante autour de la mobilité internationale.

Ce durcissement s’inscrit dans une tendance plus large. En Europe, les taux de refus de visas Schengen pour les ressortissants africains atteignent désormais des niveaux structurellement élevés : environ 27 à 30 % en moyenne, avec des pics dépassant 40 % pour des pays comme le Nigeria, le Ghana ou le Sénégal . Sur de longues périodes, certains pays enregistrent des taux de refus supérieurs à 40 %, traduisant une asymétrie persistante dans l’accès à la mobilité internationale.

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Dans ce contexte, la montée en puissance des Émirats arabes unis comme destination alternative ne relève plus d’un simple phénomène d’attractivité. Elle répond à une contrainte structurelle : la difficulté croissante pour une partie des élites économiques africaines de circuler, d’opérer et de structurer leurs activités dans les circuits traditionnels.

La mobilité comme condition opérationnelle

La question des visas est devenue un paramètre économique à part entière. Pour des entrepreneurs opérant entre plusieurs juridictions, l’incertitude liée à l’obtention de titres de séjour ou de visas peut ralentir des opérations commerciales, compliquer des levées de fonds ou limiter l’accès à certains marchés.

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À cette contrainte s’ajoute une évolution du cadre financier international. Le renforcement des exigences de conformité (notamment en matière de lutte contre le blanchiment et de connaissance client) a conduit plusieurs institutions financières à réduire leur exposition à certains profils ou marchés jugés plus complexes. Selon des analyses publiées par la Banque mondiale, ce phénomène a contribué à une réduction des relations de correspondance bancaire avec plusieurs pays africains au cours de la dernière décennie.

Dans ce contexte, la capacité à accéder à un environnement bancaire stable et à circuler facilement devient un facteur déterminant de compétitivité.

Les Émirats comme plateforme de structuration

C’est dans cet environnement que des villes comme Dubai et Abu Dhabi se positionnent. Leur attractivité repose sur une combinaison de facteurs : dispositifs de résidence de long terme, fiscalité compétitive et intégration aux flux économiques internationaux.

Les programmes de résidence introduits ces dernières années permettent à certains profils d’obtenir des permis de séjour de plusieurs années, sous conditions d’investissement ou d’activité. En parallèle, des centres financiers comme le Dubai International Financial Centre (DIFC) et l’Abu Dhabi Global Market (ADGM) offrent un cadre juridique inspiré de la common law, facilitant la structuration de holdings et l’accès à des services financiers internationaux.

À cela s’ajoute une connectivité élevée. Selon les données de l’aviation civile, plusieurs centaines de vols hebdomadaires relient les Émirats au continent africain, faisant de ces hubs des points de passage majeurs entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe.

Des organisations hybrides et transnationales

Dans les faits, ces conditions favorisent l’émergence de modèles organisationnels hybrides. Certaines entreprises africaines choisissent de localiser leurs structures juridiques ou financières aux Émirats, tout en maintenant leurs activités opérationnelles sur le continent.

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Ce type de configuration est particulièrement visible dans les secteurs de la technologie, du commerce ou des services. Une entreprise peut ainsi être enregistrée à Dubai, accéder à des financements internationaux, et déployer ses activités dans plusieurs pays africains. Cette organisation permet de dissocier les fonctions de gestion, de financement et d’exécution.

Ce phénomène n’est pas propre aux Émirats. Des hubs comme London ou Singapore ont historiquement joué un rôle similaire. Toutefois, leur accessibilité relative s’est réduite pour certains profils, renforçant l’attractivité d’alternatives plus flexibles.

Des effets contrastés pour les économies africaines

Cette reconfiguration des mobilités et des structures économiques produit des effets ambivalents. D’un côté, elle facilite l’insertion des entreprises africaines dans les chaînes de valeur internationales. L’accès à des infrastructures financières, logistiques et juridiques adaptées peut accélérer leur développement.

De l’autre, elle pose la question de la localisation de la valeur. Lorsque les fonctions de décision, de financement ou de structuration sont externalisées, une partie des retombées économiques peut échapper aux économies locales. La Banque africaine de développement souligne régulièrement l’importance de renforcer les écosystèmes financiers domestiques pour limiter ces effets.

Les réponses des États africains restent hétérogènes. Certains cherchent à attirer ces activités en améliorant leur environnement des affaires, tandis que d’autres privilégient des approches plus prudentes face à ces dynamiques.

Une recomposition progressive des trajectoires économiques

Les Émirats sont vues comme l’escale idéale de la mobilité économique africaine avec son environnement opérationnel et économique stable, connecté et relativement accessible.

Cette dynamique évolue cependant en fonction de plusieurs facteurs : politiques migratoires dans les pays occidentaux, évolution des cadres réglementaires africains, ou encore transformation des chaînes de valeur globales.

À ce stade, elle traduit surtout une adaptation des acteurs économiques à un environnement international plus contraint. Plutôt qu’un déplacement définitif, il s’agit souvent d’une diversification des points d’ancrage, dans laquelle les Émirats occupent une place croissante.

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Côte d’Ivoire : trois Sénégalais jugés dans une affaire de réseau frauduleux lié à Qnet

Côte d'Ivoire trois Sénégalais jugés dans une affaire de réseau frauduleux lié à Qnet

En Côte d’Ivoire, trois jeunes ressortissants sénégalais, Awa Ndiaye, Bruno Ndour et Sene Joseph, poursuivis pour escroquerie portant sur des fonds numéraires et blanchiment de capitaux, attendent d’être situés sur leur sort le 21 mai prochain. Placés sous mandat de dépôt depuis le 30 juin 2025, ils ont récemment comparu devant la justice ivoirienne ce jeudi 23 avril 2026 au Pôle pénal économique et financier (PPEF).

Côte d’Ivoire : un réseau d’arnaque ciblant des Sénégalais démantelé

Selon le procureur, leur arrestation fait suite à une dénonciation du consul du Sénégal en Côte d’Ivoire, évoquant l’existence d’un réseau structuré autour d’un système communément appelé « Qnet » et basé à Songon. Ce mécanisme consisterait à attirer des candidats, principalement basés au Sénégal, en leur promettant des emplois à Abidjan. En contrepartie, des sommes d’argent leur seraient réclamées. Une fois sur place, les victimes découvriraient qu’aucune opportunité réelle ne les attend.

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À la barre, Awa Ndiaye, titulaire d’un master en géographie, a expliqué avoir été attirée en Côte d’Ivoire par un certain Djouman Faye, qui lui aurait garanti un emploi dans la restauration. Elle a reconnu avoir été contrainte, par la suite, à participer, à faire venir d’autres personnes, admettant avoir pris conscience de la situation après son incarcération. Elle a exprimé des regrets devant le tribunal.

24 mois d’emprisonnement requis contre les trois accusés

Les deux autres prévenus ont livré des témoignages quasi-similaires. Bruno Ndour, ancien élève en classe de terminale, affirme avoir quitté ses études pour saisir une opportunité commerciale qui ne s’est jamais concrétisée. Sans moyens pour retourner au Sénégal, il dit être resté dans le réseau jusqu’à son interpellation. Sene Joseph, étudiant en master de sociolinguistique, évoque quant à lui une promesse d’embauche dans une grande entreprise restée sans suite.

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L’audience s’est tenue en présence d’un émissaire de l’ambassade du Sénégal en Côte d’Ivoire, qui a confirmé être informé de l’existence de ce type de réseaux frauduleux à l’échelle sous-régionale. Il a indiqué que plusieurs actions de sensibilisation ont été menées pour alerter les populations sénégalaises face à ces pratiques. Le Parquet a requis une peine de 24 mois d’emprisonnement contre les trois accusés, estimant les faits constitués. Le verdict est attendu dans les prochains jours.

Qnet, une entreprise de e-commerce souvent citée dans des arnaques pyramidales

À la base, Qnet est une entreprise connue dans le domaine de l’e-commerce et le marketing de réseau. L’entreprise propose généralement des produits de bien-être. Ces dernières années, elle très souvent citée dans des affaires d’arnaques avec des modes opératoires similaires. Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, des réseaux d’arnaque liés à cette entreprises sont démantelé par la justice.

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Côte d’Ivoire : CMA CGM affiche de grandes ambitions depuis Abidjan

Jacques Rodolphe Saadé patron de CMA CGM

En Côte d’Ivoire, le groupe français CMA-CGM a officiellement lancé, ce jeudi 23 avril, les activités de son bureau régional à Abidjan, confirmant ainsi son ambition de faire de la Côte d’Ivoire un hub incontournable pour ses opérations sur le continent.

Le géant français du transport maritime et de la logistique CMA-CGM franchit une étape stratégique majeure en Afrique.

Pour Rodolphe Saadé, ce choix ne doit rien au hasard. « Abidjan s’est imposée naturellement », a-t-il déclaré, mettant en avant le dynamisme économique du pays, sa croissance soutenue et la qualité de ses ressources humaines. À travers cette implantation, le groupe entend piloter depuis Abidjan l’ensemble de ses activités couvrant l’Afrique de l’Ouest, de l’Est et australe — une première historique pour CMA CGM sur le continent.

Côte d’Ivoire CMA CGM affiche de grandes ambitions depuis Abidjan
Jacques Rodolphe Saadé coupe le ruban à l’inauguration du bureau régional de la CMA CGM à Abidjan (Côte d’Ivoire.)

Un signal fort pour l’attractivité ivoirienne

L’installation de ce bureau régional constitue un signal fort de la confiance des investisseurs internationaux envers la Côte d’Ivoire. Reçu par le Président Alassane Ouattara, le PDG du groupe a salué le soutien des autorités ivoiriennes, déterminant pour accompagner son expansion.

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Dans un contexte de transformation accélérée des échanges mondiaux, la position stratégique d’Abidjan, combinée à la modernisation progressive de ses infrastructures, en fait un point d’ancrage idéal pour les grandes compagnies maritimes.

Des investissements et une vision à long terme

Au-delà de cette présence institutionnelle, CMA CGM affiche clairement ses intentions : accompagner la montée en puissance du Port d’Abidjan, principal poumon économique du pays. Le groupe envisage notamment de participer, à terme, à l’exploitation du terminal à conteneurs, tout en plaidant pour une modernisation continue des équipements afin de répondre à l’augmentation des flux maritimes.

À court terme, l’entreprise propose déjà des solutions concrètes pour fluidifier les opérations portuaires, notamment en contribuant à la décongestion des terminaux à travers des espaces logistiques sous douane.

Le pari du capital humain ivoirien

Mais au-delà des infrastructures, c’est surtout sur l’humain que le groupe entend bâtir sa stratégie. Rodolphe Saadé a insisté sur la nécessité de promouvoir un management local fort, en rupture avec les modèles traditionnels basés sur l’expatriation.

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« Il n’y a aucune raison de dépendre systématiquement d’expatriés », a-t-il affirmé, plaidant pour un investissement massif dans la formation et l’émergence de talents africains. Une vision qui s’appuie notamment sur l’académie interne du groupe, Tangram, basée à Marseille.

L’objectif est clair : voir, à moyen terme, des cadres ivoiriens prendre la tête des opérations régionales du groupe.

Abidjan, futur hub logistique africain

Avec cette nouvelle implantation, CMA CGM confirme son engagement durable en Afrique et positionne Abidjan comme un centre névralgique de ses activités. Pour la Côte d’Ivoire, cette initiative vient renforcer son statut de hub logistique régional et consolider son attractivité économique.

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Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement deviennent de plus en plus stratégiques, le partenariat entre la Côte d’Ivoire et un acteur mondial de cette envergure ouvre de nouvelles perspectives de croissance, d’emplois et d’innovation.

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Côte d’Ivoire : Tiémoko Antoine Assalé placé en garde à vue

Côte d'Ivoire : de lourdes accusations contre Tiémoko Antoine Assalé

Tiémoko Antoine Assalé ne sera finalement pas laissé libre. Après plusieurs heures d’audition, il s’est rendu aux soins, avant d’être rappelé et placé en garde à vue. Un rebondissement qui relance le dossier.

Côte d’Ivoire : rebondissement dans l’affaire Tiémoko Antoine Assalé

Le mercredi 22 avril 2026, Tiémoko Antoine Assalé a répondu à la convocation de la Préfecture de police d’Abidjan. De 10h à 23h55, le président du mouvement Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI) était devant le bureau des enquêtes générales. Pris de plusieurs malaises durant l’audition, il s’est rendu à l’hôpital, après la signature du PV d’audition.

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Dans un communiqué publié ce jeudi, l’ADCI indique que son président était encore aux soins quand il a été informé de son placement en garde à vue. L’information a été communiquée à son avocate par le procureur durant un appel téléphonique. Le magistrat a précisé que Tiemoko Assalé Antoine devra être reconduit dans les locaux de la Préfecture de police d’Abidjan « pour l’accomplissement des formalités, avant d’être déféré au parquet ce vendredi 24 avril 2026 ».

Audition interminable, des malaises signalés

L’ADCI rapporte qu’au cours de l’audition, l’ancien député a été victime de deux malaises d’origine cardiovasculaire. Le premier malaise est survenu aux environs de 14 heures, le second vers 18 heures.

Le professeur de cardiologie sollicité par la Préfecture de police a conclu que l’état de santé du président de l’ADCI était préoccupant. Il a donc préconisé son « transfert en urgence à l’Institut de cardiologie afin de faire baisser significativement sa tension artérielle et de prévenir toute complication ».

L’ADCI appelle au calme

L’ADCI maintient sa posture depuis le début du dossier. Il n’encourage aucune action violente. Le Bureau exécutif national appelle constamment les citoyens, ses militants et sympathisants à « faire preuve de sérénité, dans le calme et la discipline ».

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Le mouvement politique assure que toutes les dispositions sont prises sous la direction des avocats pour contester les accusations. Cette défense sera assurée conformément aux normes règlementaires.

Quatre chefs d’accusation retenus contre Tiémoko Antoine Assalé

Au moment de sa convocation, il n’avait pas été officiellement informé des faits qui lui sont reprochés. C’est après plusieurs heures d’audition que les chefs d’accusation ont été notifiés à ses avocats. Le président de l’ADCI est poursuivi pour « trouble à l’ordre public », « incitation à la révolte », « discrédit sur les institutions de la République » et « diffusion de fausses nouvelles ».

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Avec ces graves accusations, le maire de Tiassalé peut risquer gros dans ce dossier. Sa présentation au parquet pourrait déboucher sur un placement sous mandat de dépôt, placement sous contrôle judiciaire ou une remise en liberté dans le meilleur des cas.

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Niger : près de 3 000 ONG suspendues en 2025

Niger _ près de 3 000 ONG suspendues en 2025

Au Niger, les autorités militaires ont suspendu près de 3 000 Organisations non gouvernementales (ONG) en 2025. Selon le ministre de la Sécurité, avant cette décision, le pays comptait 4 700 ONG et associations.

Niger : le régime militaire suspend près de 3 000 ONG et associations

Sur 4 700 associations et ONG recensées, près de 3 000 ont été suspendues. Le point a été fait par le général Mohamed Toumba. « Nous étions à 4 700 ONG, aujourd’hui nous sommes à 1 800 », a-t-il déclaré. Pour le ministre de l’intérieur, il fallait prendre cette décision pour assainir le milieu. Officiellement, le gouvernement avait accusé les ONG suspendues de n’avoir pas publié dans le délai requis leurs rapports financiers au journal officiel, au titre de l’année 2024 où elles ont mobilisé plus de 250 milliards de francs CFA.

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Il s’agit d’une vaste réforme qui va définir les « missions » qui sont clairement assignées aux Organisations non gouvernementales et associations. Ces missions doivent « s’aligner sur les priorités nationales de développement ». Plus de 330 ONG internationales font parties des organisations répertoriées.

Le régime militaire a souvent dénoncé le flou autour du fonctionnement des ONG et associations. Les autorités évoquent généralement un manque de transparence. Des soupçons de soutien aux groupes terroristes pèsent également sur les ONG et associations.

Atteinte au droit à la liberté d’association ?

Si pour les autorités, il s’agit d’une opération d’assainissement, les organisations de défense des droits ne voient pas les choses ainsi. Le régime militaire est accusé de violation des droits à la liberté d’association.

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Dans un récent rapport, Amnesty International a dénoncé des actes successifs du régime visant à réduire l’espace d’expression de la société civile. L’ONG internationale déplore un environnement délétère et hostile imposé aux associations, organisations syndicales et partis politiques. Plusieurs associations syndicales et partis politiques dissous. Cette décision avait été suivie de la radiation de la fonction publique d’Abdoul Nasser Bagna Abdourahamane et Moussa Mahamadou, tous deux secrétaires généraux.

Les ONG et associations en difficulté dans le Sahel

La suspension, dissolution des ONG et partis politiques est constatée dans les trois pays de l’AES. Au Burkina Faso, 118 associations ont été récemment dissoutes et 359 suspendues. Au Mali, les autorités militaires ont également pris des mesures contre plusieurs ONG.

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Dans ces trois pays, l’argument reste le même. Les associations et ONG, notamment celles internationales sont accusées de soutenir les terroristes. Les régimes militaires s’offusquent contre le fonctionnement de certaines ONG qui produisent des rapports à charge dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

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ADCI : Assalé Tiémoko libre après 15h d’interrogatoire

ADCI - Assalé Tiémoko libre après 15h d'interrogatoire

Hier jeudi, 22 avril, le maire de Tiassalé, M. Assalé Tiémoko Antoine a, durant 15h de temps, répondu à une convocation du Procureur de la République à la Préfecture d’Abidjan. Le journaliste, est ressorti libre de cette convocation sans précisions sur la suite..

Assalé Tiémoko, leader d’ADCI, libre après 15h interrogatoire

Alors qu’il revient d’un voyage à Paris, Assalé Tiémoko Antoine est convoqué par la Préfecture de police d’Abidjan jeudi sur instruction du Procureur de la République. Arrivé sur place vers 10h, c’est après 15h de temps qu’il regagnera son domicile. Pendant ce temos, l’objet de sa convocation a filtré et il serait accusé de « trouble à l’ordre public », « d’incitation à la révolte », de « discrédit sur les institutions de la République » et enfin de « diffusion de fausses nouvelles ».

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Soutenu par son parti l’ADCI et des journalistes ivoiriens qui redoutaient son arrestation, Assalé Tiémoko a finalement regagné son domicile. Reste à savoir s’il sera de nouveau convoqué par la Préfecture ou si les réponses données par lui ont levé tous les doutes des autorités sur son voyage en France.

Les propos tenus en France mis en cause ?

Ces dernières semaines, le maire Assalé Tiémoko Antoine a fait un déplacement en France pour y rencontrer les militants d’Aujourd’huin et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), parti politique qu’il a fondé. Lors de ce séjour parisien, l’ancien député a fait des prises de paroles publiques sur des chaînes de télévision africaines de la place de Paris. Il a évoqué des menaces proférées contre lui par « un ministre » ivoirien à la suite de sa rencontre avec le Président Laurent Gbagbo, opposant principal à Alassane Ouattara, peu avant l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Selon ses dires, ce dernier lui aurait lancé « On va te faire payer cette rencontre ». Lors des dernières élections législatives, le député sortant de Tiassalé a été battu, selon lui sur la base de méthodes peu recommandables. Etait-ce déjà le premiers effet de la promesse du Ministre dont il n’a jamais cité le nom ?

Une pression judiciaire renforcée sur les leaders d’opinion en Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, plusieurs personnalités politiques accusées des mêmes faits croupissent derrière les barreaux depuis plusieurs mois. Le Ministre Lida Kouassi, Koné Boubacar, Blaise Lasm, Damana Pickass ou encore Justin Koua du PPA-CI sont tous en prison sur la base d’accusations de tentatives de « trouble à l’ordre public » ou de renverser le pouvoir en place.

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Cette convocation d’Assalé Tiémoko polarise l’opinion publique ivoirienne. Ces convocations et accusations font planer sur le pays un sentiment de chantage à la prison. Ces différentes actions en justice laissent planer le sentiment d’une volonté de limiter la liberté d’expression en Côte d’Ivoire, où de simples marcheurs sont condamnés à des peines de prison ferme.

Quand l’opposition aujourd’hui au pouvoir abusait de la liberté d’expression

Et pourtant, avant de prendre le pouvoir, le RDR, ancien parti politique du Président Alassane Ouattara, multipliait aussi bien les marches de défiance de l’autorité de l’Etat que des discours tout aussi irrévérencieux de ses dirigeants, le Président Alassane Ouattara y compris. L’ancien opposant n’avait pas hésité à affirmer qu’il frapperait « le pouvoir » d’Henri Konan Bédié tout comme il promettait de ne pas attendre 2005 pour aller aux élections sous Laurent Gbagbo.

Dans l’un comme dans l’autre, un coup d’Etat avait éclipsé Bédié du pouvoir et Laurent Gbagbo avait été confronté à une tentative de coup d’Etat muée en rébellion armée dès 2002.

Pour beaucoup moins que ça, de nombreux jeunes ivoiriens et cadres de partis politiques sont emprisonnés. Une arrestation d’Assalé Tiémoko aurait sérieusement renforcé les inquiétudes sur la liberté d’expression en Côte d’Ivoire.

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Bénin – Niger : main tendue de Romuald Wadagni, Niamey pose ses conditions

Bénin Niger main tendue de Romuald Wadagni, Niamey pose ses conditions

Le changement de régime au Bénin ne mettra pas automatiquement fin à la crise avec le Niger. Alors que le président Patrice Talon est constamment pris pour cible par le général Tiani, le ministre d’État, de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration territoriale, le ministre d’État, de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration territoriale, le général de division Mohamed Toumba, a affirmé que Patrice Talon n’est pas le problème. À l’endroit de Romuald Wadagni, nouveau président élu du Bénin, il exprime les attentes du Niger.

Bénin-Niger : ce que Niamey attend de Romuald Wadagni

Dans un entretien diffusé sur la télévision nigérienne, le ministre d’État, de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration territoriale, le général de division Mohamed Toumba, a été clair. Pour lui, la normalisation des relations de coopération entre le Bénin et le Niger dépendra de « gages de bonne volonté ». Cette posture illustre la méfiance qui continue de peser sur les relations des deux pays.

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Que le Bénin dise clairement qu’il n’a rien à voir avec les intérêts de la France et qu’il ne facilite pas la présence de forces étrangères sur son territoire.

Pour le ministre d’État, de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration territoriale, la personne du président Patrice Talon n’est pas le problème. « Le problème ce n’est pas Talon, le véritable problème, c’est toujours Macron », a-t-il affirmé pour conforter les allégations tendant à faire croire que le Bénin est à la solde de la France et servirait les intérêts de Paris dans un plan présumé de déstabilisation du Niger. Ces accusations ont été fermement rejetées par les autorités béninoises.

Romuald Wadagni promet de renouer le dialogue avec les pays de l’AES

Pendant la campagne électorale, Romuald Wadagni a exprimé son intention de relancer le dialogue entre le Bénin et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) s’il devenait président de la République. Élu avec 94 % des suffrages à l’issue du scrutin, il a désormais la main pour mettre en œuvre sa stratégie visant à mettre fin à la crise entre les deux parties. Prenant le nouveau président béninois au mot, le Niger se positionne et pose les conditions dans lesquelles ce dialogue pourrait être renoué.

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« Nous allons saisir l’occasion du renouvellement à la tête de l’État pour repartir encore vers certains de nos voisins qui peinent à nous faire confiance. La nature nous a fait voisins et on ne pourra rien y faire. Autant collaborer davantage », a déclaré le candidat lors du lancement de son projet de société le samedi 21 mars 2026.

Des difficultés en vue ?

Malgré la bonne volonté du nouveau président béninois, sa stratégie peut se heurter à des obstacles. Déjà, le Niger donne le ton avec des exigences qui en réalité ne sont pas nouvelles. Si en dépit de toutes les démarches menées par le Bénin, la crise demeure avec le maintien de la fermeture de la frontière, le président Romuald Wadagni devra sortir une nouvelle carte.

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Le Niger est convaincu que le Bénin abrite des bases françaises et soutiendrait même des terroristes qui frappent sur son territoire. Cette perception des choses rend difficile les discussions. Les autorités nigériennes sont campées sur leur position et les tentatives de médiations, même celles menées par les anciens présidents Boni Yayi et Nicéphore Dieudonné Soglo, sont restées vaines.

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Côte d’Ivoire : le plan choc du gouvernement pour réduire la dépendance au riz importé

Côte d'Ivoire le plan choc du gouvernement pour réduire la dépendance au riz importé

En Côte d’Ivoire, près d’un milliard de dollars sont investis chaque année pour importé du riz. Face à cette dépendance critique, le gouvernement entame la mise en œuvre d’une vaste stratégie basée sur l’irrigation et les agropoles. Il s’agit d’une stratégie à coup de milliards de francs CFA, mais le ministre en charge de l’agriculture, Bruno Koné, est convaincu qu’il s’agit d’une solution efficace pour renverser la tendance.

Côte d’Ivoire : plus de 600 milliards de FCFA pour importer du riz chaque an

Malgré une production agricole en hausse, la Côte d’Ivoire importe annuellement jusqu’à 1 milliard de dollars de riz chaque année, soit plus de 600 milliards de FCFA. La production vivrière globale dans le pays a progressé de 8,4 % en deux ans atteignant 25 millions de tonnes en 2025. La croissance de la production du riz Paddy est projetée à 38 % en 2026 pour atteindre 3 millions de tonnes. En somme, les signaux sont au vert, mais la dépendance au riz importé persiste.

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À l’occasion de la 8e Conférence annuelle du Réseau international des agences de promotion des investissements (RIAFPI), le ministre ivoirien de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, Bruno Koné, a soulevé la question préoccupante du déficit qui complique la satisfaction de la demande intérieure. En 2024, le rapport de Trade Map a révélé que la Côte d’Ivoire domine le classement des pays africains importateurs de riz avec 722,1 millions de dollars de riz importés.

Une production dépendante des pluies

Le diagnostic révèle un problème majeur lié au modèle agricole. Ce modèle rend dépendante la production des pluies. Cet état de choses limite les marges de manœuvre des producteurs, qui sont réduits aux rendements générés grâce aux pluies. C’est pourquoi le gouvernement encourage les producteurs à aller vers une agriculture irriguée. Cela permettra d’obtenir plusieurs périodes de récoltes dans une même année.

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Pour Bruno Koné, le ministre en charge de l’Agriculture, il faut nécessairement passer d’une agriculture pluviale vers une agriculture irriguée. « Les gros producteurs mondiaux ont maîtrisé l’eau pour faire deux à trois récoltes par an sur la même surface », a-t-il affirmé. Le gouvernement mise également sur des agropoles. Sur les neufs annoncés, « trois ont déjà connu un début d’opérationnalisation avec l’appui de bailleurs de fonds internationaux, c’est l’agropole du Centre qui est déjà opérationnel, l’agropole du Nord qui est en construction et celle du Nord-Est également », a confié le ministre.

Le ministre Bruno Koné a précisé que les six agropoles restants sont en attente de financement. Le budget pour la réalisation d’un agropole est estimé entre 150 et 200 milliards de francs CFA. « Il y a à peu près entre 1 000 et 1 200 milliards de Fcfa d’investissements attendus, ce qui constitue une opportunité d’investissement », a-t-il ajouté.

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Des changements majeurs attendus

La mise en œuvre de la stratégie devrait permettre la réduction drastique des importations dans le pays. La conséquence sera l’allègement de la balance commerciale pour renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Sur le plan social, des milliers d’emplois sont attendus par la construction et la mise en service des agropoles. Par ailleurs, la stratégie ivoirienne va au-delà de la production alimentaire. La Côte d’Ivoire explore aussi la valorisation des déchets agricoles, avec des projets innovants de biocarburants et d’électricité.

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Affaire Ben Badi : Abdoulaye Traoré frappé de 36 mois de prison, 15 millions FCFA

Affaire Ben Badi Abdoulaye Traoré frappé de 36 mois de prison 15 millions FCFA

Dans l’affaire Ben Badi, Abdoulaye Traoré (son vrai nom), le tribunal a frappé fort avec une condamnation exemplaire après plusieurs années de procédure. Un signal fort qui écarte toute idée d’impunité quel que soit le statut de l’auteur de crimes.

Affaire Ben Badi : Abdoulaye Traoré condamné pour viol

Depuis 2021, l’affaire Ben Badi pendait devant la justice ivoirienne. Abdoulaye Traoré était accusé de viol par une jeune femme. Malgré la lenteur de la procédure qui aura duré près de 5 ans, une décision claire, forte et sans concession, a enfin été prise par le tribunal. Ben Badi est condamné à 36 mois de prison. Il devra aussi verser 15 millions de FCFA à la victime en dommages et intérêts.

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Même s’il lui accorde des circonstances atténuantes, en plus des 36 mois d’emprisonnement, le tribunal va plus loin en sanctionnant Ben Badi à 10 ans de privation de droits. Il ne sera donc ni électeur ni candidat à aucune élection avec tous les inconvénients que cela emporte. Abdoulaye Traoré est aussi interdit de pénétrer dans la ville de Bouaké pendant 5 ans.

En Côte d’Ivoire, plus généralement en Afrique, des personnalités d’un certain statut se croient intouchables. Dans le cas de l’affaire Ben Babi, la justice ivoirienne a sifflé la fin de la récréation avec cette condamnation exemplaire. Avec une décision aussi forte, le viol est bien confirmé comme un crime sévèrement puni dans le droit ivoirien, même si des circonstances atténuantes dont a bénéficié Abdoulaye Traoré modèrent la sanction qui lui a été infligée.

Ce que prévoit la justice ivoirienne pour les cas de viols

Pour un cas de viol, la justice ivoirienne prévoit des sanctions importantes allant de 5 à 20 ans d’emprisonnement. La peine peut d’ailleurs être plus importante selon les circonstances, notamment pour les victimes mineures ou des viols en réunion. Si l’auteur du crime est une autorité légale de la victime (parent, enseignant ou supérieur), la sanction est encore plus forte.

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Qui est Abdoulaye Traoré dit Ben Badi

Abdoulaye Traoré dit Ben Badi a été une des gloires du football ivoirien des années 80, précisément de 1983 à 1997. L’ancien joueur du Stalla Club d’Adjamé puis de l’Asec Mimosas, le FC Metz ou encore d’Al-Orobah FC, où il a terminé sa carrière, était poursuivi en justice depuis 2021 pour viol. La justice ivoirienne vient de se prononcer sur cette affaire Ben Badi avec une décision forte.

Combien de cas de viols enregistrés par an en Côte d’Ivoire ?

En Côte d’Ivoire, plusieurs milliers de cas de viol sont enregistrés par an, mais peu de victimes osent porter plainte. L’année 2020-2021, 1563 cas de viols avaient été enregistrés. En 2021, une baisse a été amorcée. Selon l’UNFPA, seul 954 cas de viols sur 1391 agressions ont été officiellement été enregistrés. Cette baisse est confirmée en en 2024 avec 920 cas de viols enregistrés, selon l’AFP.

Avec des sanctions de plus en plus lourdes, les actes de viols ne devraient que baisser dans le pays où la sensibilisation est de plus en plus forte.

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